Concours Fonenana 2022

Quelques mots des organisateurs 

Le concours reste un moyen d’opérer une forme de consultation, nous ressentions l’importance d’ouvrir le dialogue au vu des objectifs annoncé du gouvernement de réaliser 40.000 logements en 5 ans de mandat présidentiel.
Un pari difficile à tenir, et encore moins sans l’appui des architectes.
L’engouement, principalement du côté de la jeunesse nous prouve une fois de plus, que les possibilités d’identifier les solutions de demain passeront nécessairement par la création d’une école d’architecture « Malgache ».

POURQUOI

Initier une réflexion contemporaine de cet habitat riche de syncrétisme nécessitait pour nous la mise en scène de l’architecte comme acteur et atout majeur au centre cet l’enjeu du logement de demain. Il faut saluer ici l’oreille attentive du SENVH et de l’OAM en appui à cette initiative. Il est triste d’avoir a rappeler que la discipline de l’architecture est essentielle, c’est elle, quand elle est faite dans la réflexion, qui sublime les aspirations et rêves de chacun en matière de logement.

Quels moyens ? Culturels ? Identitaires ? Pour une famille de s’approprier une légitime place dans la société ? Dans nos villes cacophoniques ?

Cette question de l’accès au logement pour les franges les plus fragiles de la population est posée malheureusement depuis la nuit des temps des villes modernes et de l’urbanisation. L’ambition du concours était de contribuer à la réflexion sur l’économie du projet à l’heure du changement climatique. Initier une question qui est plus qu’urgente sur la question du logement abordable, comment sortir du cycle parpaing, comment se loger sans copier les modèles, comment sortir de l’habitant indigne pour ces familles à petits revenus. Utiliser les matériaux locaux, pour ressortir une notion d’identité architecturale, est une question de bon sens.
Alors, il faudra aider nos administrations a se doter des outils qui le permettrons.

Quelles normes adaptées a notre environnement, comment lutter contre l’homogénéisation et la standardisation de l’architecture ?

La question n’est pas vite répondue…

Ho an’izay tsy Teo:

SOUTENANCES ETUDIANTES

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Nous avons pu voir que la réflexion sur le bâti, doit s’engager plus fortement sur le terrain architectural. Il y a certes une grande curiosité technique et un bel intérêt sur l’actualité et la préoccupation des matériaux, mais la question des modes de vie, et d’occupation de l’espace sont largement occultés par la question de l’objet et du style, ainsi que d’une idée de la formalisation de la réussite sociale. Et pour cause, l’héritage architectural malgache semble lourd à porter, confronté à la culture du béton, chaque proposition porte ces stigmates.

La problématique de l’utilisation du bois a bien évidemment été soulevée, mais comme elle a pu l’être déjà sous la royauté merina… Il y a quelques centaines d’années, déjà.

S’inspirer de la tradition a été récurrent, encore faut-il mettre le projet dans le contexte.

Si l’approche d’un logement compact sur deux niveaux semble une solution commune, le projet Sokera s’est démarqué avec son inspiration Betsileo, qui intègre dans sa typologie rurale, le principe de rajout de volumes en fonction des besoins et des possibilités.

Tous ont intégré la nécessité de revenir à la construction en terre, mais il faudra, selon la remarque pertinente du jury retrouver l’expression formelle de ce matériau, intégrant ses contraintes mécaniques dans l’expression de l’objet, jusque dans les dessins.

Il en est ressorti également la nécessité de revenir à des préoccupations essentielles de l’habitat : celui d’un mode de vie, d’une qualité de vie, et de la possibilité d’évoluer dans un cadre qui répond à notre culture, dans une continuité identitaire.

SOUTENANCES PRO

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Plus axée sur la question de l’insertion urbaine des typologies proposées, l’approche professionnelle, à la fois dans le pragmatisme et l’hypothèse, démontre d’un intérêt réel des architectes à la réinventions.

Tous s’accordent à dire que le moyen prédit pour sortir du cycle béton, est la filière de la terre crue, et que la revitalisation du savoir-faire traditionnel, toutes techniques confondues : bauge, adobe, pisé…, est importante.

Quelles solutions proposer contre les pressions climatiques, comment garantir un environnement généreux dans la considération d’une économie foncière, etc. est autant de problématiques largement évoqués.

De façon unanime tous appellent à la prudence dans l’utilisation du bois dans la construction. La question collective dans le besoin d’exprimer et réinventer un espace commun et retrouver un vivre ensemble hors de projets promoteurs « ghetto » est ainsi au cœur des réflexions à mener. 

Pour certains la réponse au logement abordable n’est plus dans le logement individuel mais dans des typologies collectives et modulaires : proposé dans l’horizontalité, comme dans la verticalité pour gagner en foncier, elle interpelle sur la formalisation de ce vivre ensemble.

Il aura manqué au jury une vraie approche des modes de vie, en accordant parfois trop d’importance aux matériaux au détriment du plaisir, de la réflexion sur l’habitant en relation avec son espace d’évolution.

Quoi qu’il en soit, il y a ici la conscience que quelle que soit l’architecture proposée, elle doit construire une ville de demain, en rempart à une cohésion sociale.

Prochain thème : LE DEFI DE LA MITOYENNETE

Les lauréats et finalistes du concours Fonenana : https://concoursfonenana.com/les-laureats/

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